Chroniques de Frère Tim Coldwell, conseiller général de la région RELAN (semaine 1)

Frère Timothy Coldwell, FSC, est le conseiller général qui représente au Conseil Général la Région Lasallienne de l’Amérique du Nord. Il publie sur une base régulière des chroniques qui permettent au lecteur de saisir de l’intérieur ce qui se vit à ces jours-ci à l’Assemblée intercapitulaire 2018 qui se déroule au Centre de l’Institut à Rome. Nous les publieront sur cette page au fur et à mesure qu’elles apparaîtront sur son blogue. Rendez-vous au bas de cette page pour lire les dernières chroniques.

Bonne lecture! Denis de Villers, responsable des communications

Chronique numéro 1:

J’ai revu aujourd’hui Frère Paul Ho lors de notre première journée de l’Assemblée Intercapitulaire (surnommée iCap). Je lui ai mentionné à quel point je garde en mémoire comment, il y a quelques années, il avait attiré mon attention sur l’application « Pray As You Go » et à quel point je l’appréciais encore aujourd’hui. C’est une ressource magnifique pour la prière quotidienne. Il s’est empressé de me dire qu’il existait une nouvelle application pour pratiquer l’examen de conscience – et en toute confiance à Paul, je suis certain que cette application me charmera tout autant en plus de me garder fidèle à une pratique spirituelle de fin de journée qui compte d’énormes avantages. Quand le sommeil me réclame avant d’effectuer mon examen de conscience, ma journée me reste en mémoire spirituelle comme un lit défait.

De façon similaire, les efforts intenses de ces quatre dernières années pour répondre aux propositions qui ont émergé du « cénacle capitulaire » rempli de l’Esprit méritent notre réflexion. J’aime à penser que cet iCap est comme une pratique d’examen de conscience. Nous nous sommes non seulement demandé ce qui s’est passé, mais aussi ce qui se passe sous la surface des choses. À la surface, nous voyons les propositions et les moyens pour les mettre en application. Tout en-dessous, nous ressentons les joies et les peurs, les emballements et les détours qui viennent de pair avec ces propositions. L’iCap est l’occasion d’examiner la « liste d’épicerie » et de voir quel genre d’effort, nous y mettons au niveau du district, de la région et de l’international. C’est également un temps pour écouter nos sentiments et avoir une conversation avec notre Seigneur à ce sujet.

C’est ce que j’ai eu le bonheur d’écouter aujourd’hui — les sentiments derrière les contours et la surface des choses. Moins ce qui a été fait, ce qui est fait, ce qui ne pouvait pas être fait (bien que ce soit important), mais d’abord les sentiments. Notre chapitre général en 2014 était ambitieux et audacieux. On nous a donné beaucoup à accomplir — comment tiendrons-nous ? Comment nous sentons-nous ? Que nous révèle le Seigneur nous dit au travers de tout cela ?

Frère Timothy Coldwell, FSC, conseiller général de la RELAN (5 mars 2018)

 

Chronique numéro 2:

Le deuxième jour de notre rassemblement ici à la maison généralice à Rome a été une source d’inspiration et d’information en parts égales. (Il pleuvait ce matin, donc je ne peux pas m’en empêcher : il y avait des précipitations dans l’air en nos murs aussi!) Les sujets abordés inclurent les statistiques, les jeunes Lasalliens, l’association pour la mission et la formation. Nous avions varié nos groupes de conversations : parfois en triades, par région et tous ensemble dans la grande salle de l’Assemblée (connue comme l’Aula Magna). Aujourd’hui nos prières étaient en français, dont le thème était la Samaritaine et Jésus au puits. La rencontre au puits nous a fourni une perspective pour encadrer nos réflexions sur notre vie en tant qu’Institut et que famille lasallienne.

Les échanges entre Jésus et la Samaritaine sur la soif et l’eau sous-tendent toutes nos considérations ce matin. Autrement dit, « De quoi ai-je (avons-nous) soif ? » Lorsque j’examine toutes les données qui nous ont été présentées, je me suis demandé ce que mon cœur désirait? — De plus de novices ? D’œuvres plus éducatives ? Plus de stabilité financière ? Davantage de progrès au regard de nos nos objectifs ? Est-ce que « plus de ci ou de ça » viendrait à bout d’étancher ma soif ? Quand Frère Michael French a dit à l’Assemblée, que nous avons une contribution particulière à apporter dans notre église, celle de se tenir debout avec et pour les laïcs au moment où ils approfondissent leur engagement vocationnel, j’ai réalisé, alors, que c’est ce dont j’ai soif.

Lorsque nous nous sommes parlé les uns aux autres des mouvements Lasalliens et des activités qui resserrent les liens d’association dans toute la famille, de l’aide aux jeunes qui veulent s’engager en communauté et soutiennent nos communautés par le biais de la formation, je pouvais ressentir ma soif. Quand Frère J.J. Jiménez a mentionné à l’Assemblée que nous grandissons dans notre vocation grâce à l’accompagnement des Lasalliens dont l’énergie et le zèle enflamment à leur tour les nôtres, j’ai pensé, alors, que c’est quelque chose dont j’ai soif. Et je suis heureux de dire, qu’au fil des années, ma soif a été étanchée.

Frère Timothy Coldwell, FSC, conseiller général de la RELAN (6 mars 2018)

 

Chronique numéro 3:

Le thème d’aujourd’hui portait sur « Vaugirard, » la maison et propriété de De La Salle achetée en 1691 et qui est devenu un centre pour la formation initiale et continue. Une grande partie de la journée a été consacrée aux questions entourant les vocations et la formation. Nous avons commencé par une question qui visait  à stimuler notre imagination : « Si vous aviez des ressources financières et humaines illimitées, qu’entreprendriez-vous avec passion dans le domaine de la formation et des vocations en réponse à votre perception des besoins actuels et de la situation de la Institut ? » Ma réaction fut de penser que c’était là une approche intelligente car nous nous arrêtons souvent aux les défis qui limitent du coup notre créativité. Dans notre histoire fondatrice, nous pouvons voir comment De La Salle, certes avec moins de ressources que les nôtres, a trouvé les moyens de répondre à un moyen d’assurer la vitalité de la communauté.

Au cours de la journée nous avons fait émerger des réponses stratégiques aux besoins actuels, bien conscients des ressources que nous avons et que nous n’avons pas. Personne ne fut surpris de voir que, dans toutes les régions, la vitalité et la durabilité de la mission sont dépendantes de la communauté des éducateurs. Et que la Communauté, doit, si elle veut prospérer, former et accompagner. Ce n’est pas une nouvelle chanson, mais les paroles sont un peu différentes à chaque fois que nous prenons place au chant. Par exemple, le mot et le concept de « vocation » qui prend sa source du christianisme, évoque une sensibilité au contexte religieux qui appelle aux adaptations (« être passionné par une façon particulière de vivre, » par exemple).

La formation lasallienne est enracinée dans l’Évangile — donc, une sensibilité au contexte de foi s’impose (l’accent étant mis sur de la personne de Jésus, ou son message, par exemple). L’heure sainte de ce soir a été un mouvement de vagues de prières de Taizé, d’Écriture, de chandelles et de silence. L’accompagnement musical offert par les frères Javier Núñez, Alberto Mairena, et Esteban de Vega était sublime. À la fin d’une journée pleine de mots et d’idées, c’était merveilleux de mettre la tête entre parenthèses  et de laisser au cœur toute la place !

Frère Timothy Coldwell, FSC, conseiller général de la RELAN (7 mars 2018)

 

Chronique numéro 4:

Comme il s’agit de la journée internationale des femmes aujourd’hui, il était approprié que nous centrions notre attention sur la mission, au cœur de laquelle 57 % des enseignantes sont des femmes. Bien qu’il existe différents termes pour les lasalliens qui rendent la mission vivante dans les 79 pays où nous nous trouvons, (associés, partenaires, collaborateurs, collègues) nous pouvons célébrer la présence et l’impact des femmes peu importe la façon dont on les nomme.

Cette mission est internationale et parfois un peu complexe. Chaque jour, tour à tour, les différents départements oeuvrant dans la maison généralice (« le Centre »), nous font une mise à jour sur l’étendue de leur travail — le Service de Communications a été, comme prévu, passionné et coloré. Le Service recherche et ressources quant à lui fut provocateur et dynamique. Les deux ont su apporter aux nombreuses informations toute la clarté attendue!

Nous avons eu une journée particulièrement intense en chiffres, graphiques, images, lectures, terminologie et autres données. Nous avons été chanceux de pouvoir compter sur une expertise externe pour y voir clair. En effet, le Comité International de la Stratégie a présenté ses conclusions, son l’analyse et des recommandations. Les membres du Comité ont procédé à une analyse des métadonnées afin de nous aider à commencer à prévoir les ressources pour ce qui est important pour nous, à savoir la santé de nos communautés et de la mission. Ils ont recommandé que nous préparons un changement substantiel dans la nature de la participation des collaborateurs laïcs et la délégation de certaines fonctions pour eux.

« Ce n’est pas à propos du Centre, mais bien de l’Institut, et vous êtes l’Institut ». A dit Frère Robert, supérieur, au milieu d’un échange sur les transitions que nous traversons (Au fait, quand n’avons-nous pas été en transition ?) et qui nous conduits au travers de ces dernières. Cela campe bien son point de vue, mais fait aussi émerger une prise de conscience. Frère Supérieur a insisté sur le caractère participatif du leadership dès le premier jour de son mandat. Je pense qu’il serait juste de dire qu’il appelle les frères (Institut) et tous les lasalliens à jouer un rôle dans l’actualisation de ces transitions.

Frère Timothy Coldwell, FSC, conseiller général de la RELAN (8 mars 2018)

Chronique numéro 5:

Ce fut sage de la part de l’équipe de planification de faire en sorte que nos débats puissent pendre fin avant l’heure du lunch aujourd’hui vendredi — de un, les membres ont ainsi gagné la reconnaissance des participants, et de deux, les synthèses bien conçues, envoyaient un signal que tout ce qui devait être dit l’avait été.

Pour se préparer à l’iCap, chaque Visiteur et le président ont dressé un état des lieux par district. Avant les réunions, le Supérieur et son Conseil les ont lus et ils ont recherché à travers eux des thèmes communs tout en identifiant des défis et des opportunités. La semaine prochaine, les participants prendront part à un exercice similaire. Afin de préparer le terrain pour une telle réflexion, frère Antxon Andueza, Secrétaire général, a guidé l’Assemblée passant en revue les forces et les préoccupations révélées dans ces instantanés des districts.

Les deux façons que nous avons de déterminer la force de notre Mission est de mesurer la vitalité et la viabilité. Nous débutons donc notre réflexion avec des questions telles : Quel est le niveau d’énergie ? Quels sont les signes que nous donnons la vie ? À quel point la mission est-elle durable ? Et la communauté ? Bien sûr, des questions plus précises ont été développées au cours des années et les réponses viendront ajouter un grain fin à l’image globale. L’objectif d’aujourd’hui était de nous concentrer sur quatre vecteurs de vitalité — Donc l’importance, voire même l’urgence de :

– fournir la formation et l’accompagnement aux jeunes frères et aux partenaires, avec une attention particulière aux dirigeants;

– faire tomber tous les murs existants entre les frères et les partenaires afin d’assurer un partage des responsabilités dans l’association pour la mission d’éduquer les pauvres;

– promouvoir et renforcer les vocations dans le réseau lasallien et sa famille;

– cultiver une vie spirituelle et une vie communautaire plus profonde.

Le « Comité de rédaction » (en la personne de Frères Hilaire Raharilalao, Paco Chivas et Bob Schaefer) furent les petits oiseaux à l’écoute pendant la semaine. Ils nous ont offert leurs impressions globales de la semaine. Leur synthèse est à fois perspicace et provocatrice. Nous n’avions pas de rétroactions avec eux, mais c’est selon moi, très bien comme cela. Parfois il est bon de laisser la porte entrouverte le vendredi, afin de laisser les idées fraîches entrer dans la pièce au cours de la fin de semaine.

Frère Timothy Coldwell, FSC, conseiller général de la RELAN (9 mars 2018)

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