Discours d’ouverture et de clôture du Frère Supérieur à l’Assemblée Intercapitulaire 2018

Les Frères reconnaissent, analysent et affrontent solidairement dans la foi les difficultés et les défis particuliers que traverse leur Institut. En contemplant l’histoire du salut en acte dans leur vie et dans celle de l’Institut, ils vivent la grâce du mystère pascal. En méditant l’itinéraire évangélique du Fondateur, ils trouvent un modèle de fidélité dans l’adversité et la force des recommencements. (Règle, 155).

Le lundi 5 mars, le Frère Supérieur, Robert Schieler, s’est adressé aux Frères et à leurs invités (Alisa Macksey, Présidente du CIAMEL, et Keane Palatino, Coordinatrice de l’ICYL) réunis en l’Assemblée Intercapitulaire. Il a commencé par rappeler dans la prière les personnes soumises à la tyrannie des conflits sociaux au Venezuela, en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud et au Burkina Faso. Dans le même esprit de prière, il a exhorté les participants à être attentifs à la Parole de Dieu et aux signes des temps lorsqu’ils formulent des recommandations pour le 46e Chapitre général.

Commentant l’expérience de l’Institut au cours des 50 dernières années, Frère Robert a noté que la diminution du nombre des Frères, la croissance de la Famille Lasallienne, l’impact croissant de l’Association pour la Mission, l’importance de l’enseignement supérieur lasallien, les ministères et la présence prépondérante des femmes dans nos communautés éducatives sont des réalités qui doivent éclairer les réflexions orientées vers l’avenir et la prise de décision.

Le Frère Supérieur a souligné l’importante présence formative des Frères dans les communautés éducatives dédiées à l’éducation formelle. La formation de l’éducateur chrétien et partenaire lasallien est, insistait-il, une réponse pratique aux appels du Saint-Esprit transmis à travers les signes des temps. En gardant leur vie clairement centrée sur Jésus-Christ et en s’engageant dans l’Évangile, avec les pauvres et l’accompagnement des partenaires lasalliens, les Frères, a-t-il dit, s’ouvrent à la conversion chrétienne et aux réponses de l’Esprit à la réalité actuelle.

Tournant son attention vers les rapports soumis par les Districts et les Délégations, le Frère Robert a noté de nombreux sujets à l’ordre du jour des Chapitres généraux et de District depuis des années: formation des formateurs, autonomisation des jeunes Frères, accompagnement des Frères aînés, encouragement des vocations lasalliennes, l’attention aux questions financières et le mouvement « au-delà des frontières » pour s’engager dans de nouvelles entreprises au service des  pauvres et des vulnérables. Il a demandé s’il était temps de changer la conversation et de faire les choses différemment afin d’engager efficacement ces questions et d’autres plus urgentes.

Bien que la question de la restructuration apparaisse dans de nombreux rapports, le Frère Supérieur a mis en garde en estimant que la question la plus importante concerne la transformation et le besoin pressant de conversion personnelle et communautaire. Le Saint-Esprit, a-t-il insisté, exhorte les Frères à réaffirmer l’orientation de leur vie à Jésus-Christ, son projet pour le Règne de Dieu et la promotion de l’Association Lasallienne pour la Mission. Il a exprimé sa conviction qu’une telle conversion conduira chaque Frère et l’Institut à la possibilité d’un avenir inimaginable et dynamique.

Frère Robert a conclu en encourageant une plus grande intentionnalité concernant la conversion personnelle et communautaire. Il a demandé aux Frères de s’entraider sur leur chemin de l’Évangile et leur dévouement au charisme lasallien. Finalement, il a demandé que ceux qui étaient rassemblés soient ouverts aux murmures du Saint-Esprit afin qu’ils puissent se consacrer fidèlement et avec zèle à la tâche de reconnaître, d’analyser et de confronter les problèmes du jour. De cette façon, les Frères et les Partenaires lasalliens, dans la mesure de leurs moyens, procureront la gloire de Dieu et assureront le bien-être de ceux qui leur seront confiés.

Cet article reprend celui publié par le Centre de l’Isntitut. On peut le consulter dans sa version originale au : http://www.lasalle.org/fr/2018/03/message-du-frere-superieur-general-2/

 

 

Discours de clôture de l’Assemblée intercapitulaire 2018

EN ROUTE COMMUNAUTÉ ET ASSOCIATION POUR LA MISSION
Frère Robert Schieler, FSC
Frère Supérieur

                   
Frères, je commence mes remarques par des mots de remerciement adressés à chacun d’entre vous. Personnellement, je suis très heureux de tout ce qui s’est passé ces deux dernières semaines. Je suis très reconnaissant au comité préparatoire et à tous ceux qui ont contribué à faire de cette expérience une expérience très fructueuse. Nous sommes bénis avec tant de bons Frères et partenaires qui font des choses merveilleuses pour les enfants, les jeunes et les adultes. Nous avons partagé la richesse et la vitalité de la Mission lasallienne mondiale à travers des présentations, des conversations, des écrits sur les vitrines et même servis dans le World Café par les Frères du Conseil Général. Chaque jour nous avons porté notre expérience à la prière et à la liturgie où nous avons ouvert notre esprit et notre cœur au Royaume de Dieu et aux murmures du Saint-Esprit.

Rassemblés pendant  ce temps inspirant et encourageant, un nouveau ministère lasallien a été ouvert: une école pour les garçons au Soudan du Sud! Frères, c’est une bonne nouvelle! En tant qu’Institut, nous sommes prêts à apporter l’Évangile, l’espoir et l’éducation lasallienne à la jeunesse de cette nouvelle nation déchirée par la guerre civile. C’est un exemple de plus de la vitalité de la mission lasallienne aujourd’hui. Cette initiative, fait suite au Projet Fratelli et à  50 autres nouvelles initiatives depuis 2014 décrites par Solidarité et Développement avec  des projets régionaux « Au-delà des frontières » existants et prévus. Ce sont de  bonnes nouvelles que j’espère partager avec vos Frères et partenaires. Nous sommes vraiment « en route »! Tant de nouveaux ministères pour les pauvres et les vulnérables attendent et sont disponibles pour les jeunes Frères, les partenaires lasalliens et tous nos Frères qui désirent participer. Tant de nouveaux ministères pour les pauvres et les vulnérables qui accueillent favorablement le réseautage et le soutien financier des écoles, des communautés, des Districts, des bienfaiteurs et des anciens élèves. Autant de nouvelles initiatives qui accueillent des volontaires lasalliens. Tout cela s’ajoute au travail formidable et extraordinaire qui a déjà lieu dans vos écoles et centres éducatifs. Merci, Frères et partenaires!

Le but de cette Assemblée était de nous aider à discerner plus clairement le chemin que l’Esprit ouvre devant nous. Dans nos prières du matin, nous avons réfléchi à plusieurs méditations de La Salle. La méditation 164 parle de la métaphore familière d’un navire naviguant en toute sécurité ; cependant, on nous rappelle que la navigation sera vaine si on n’arrive pas à bon port. Nous pouvons considérer le navire comme l’Institut; nous pouvons également considérer nos communautés individuelles comme des navires à la recherche du port. Ce matin, je voudrais réfléchir brièvement avec vous sur la communauté, l’Association Lasallienne et le but de l’Institut.

À l’exception des maisons de retraite dans un certain nombre de Districts et de Délégations, nos communautés sont petites. Un avantage d’une petite communauté est que chaque Frère a la responsabilité du bien-être de la communauté. Nos communautés sont petites numériquement ; cependant, ce sont de merveilleuses occasions de découvrir la grâce salvatrice de Dieu partout et tout autour de nous.

Comme le note un auteur contemporain, « Jésus est le fondement, l’Évangile est la tâche et la communauté est le processus. Dans les petites communautés locales, nous pouvons partager une vie homogène, immédiate et égalitaire. Ces communautés peuvent réseauter pour partager des services tout en offrant à chaque communauté la liberté et la polyvalence nécessaires pour s’adapter à sa réalité locale. »[1]

Nous sommes rassemblés au nom de Jésus et Dieu est au milieu de nous. En communauté, nous vivons et manifestons la fraternité chrétienne. Ce n’est pas l’intimité humaine qui nous rassemble dans les communautés religieuses ; il n’y a pas non plus de liens de sang, de compatibilité sociale ou de compétences pastorales communes. Nous sommes appelés dans la communauté « en son nom » et pas simplement selon nos propres préférences ou, surtout, dans l’obéissance à une nomination par un supérieur religieux. La communauté est destinée à être le contexte à partir duquel surgissent les discernements de toute notre vie, personnels, ministériels et congrégationnels.[2]

Je pense que notre Règle le dit encore mieux:

 La vie communautaire des Frères est, avant tout, un don de Dieu, qu’ils reçoivent par Jésus-Christ présent au milieu d’eux. C’est Lui qui leur donne l’Esprit d’amour qui habite en chaque Frère et fait l’unité de la  communauté. Ils demandent ce don dans la prière. Ils répondent à cette grâce en se mettant joyeusement au service des autres. Ainsi, ils manifestent entre eux comme une ébauche des relations de connaissance et d’amour qui constituent la vie trinitaire  (Règle, 48).

Un sociologue catholique a déclaré il y a un quart de siècle : « La pression culturelle la plus profondément ressentie dans notre société postmoderne et occidentale n’est pas l’éducation, les soins de santé ou même la présence de groupes nécessiteux ; c’est plutôt un désir de vie communautaire et de profondeur spirituelle ». Il y a deux mois, une conférence nationale aux États-Unis a engagé une conversation sur les jeunes qui se sont désolidarisés de l’Église et de la religion en général. Un titre de journal exprimait succinctement les sentiments des jeunes : d’une part, ils ont peur d’être jugés ; de l’autre, ils cherchent des liens spirituels. Frères, nos communautés et nos centres éducatifs offrent un espace accueillant, sans jugement, où les jeunes peuvent explorer des questions sur la vie spirituelle. Ce sont des espaces où l’on peut inviter des jeunes à devenir Frères, et des femmes et des hommes à vivre la plénitude de leurs vocations!

En tant que dirigeants, vous êtes constamment à l’écoute d’une myriade de détails qui exigent des talents, du temps et de l’énergie. En même temps, vous êtes appelés à être attentifs à la vie de vos communautés. Votre service fraternel rendu à vos Frères, votre disponibilité à les écouter et à rester en contact avec eux, surtout ceux qui connaissent des difficultés personnelles, sont nécessaires. (Cf. Règle 142).

Merci pour tout ce que vous faites pour le bien-être de vos Frères. Et, s’il vous plaît, prenez soin aussi de vous-mêmes! Vous devez vous donner un temps suffisant pour le repos, la détente, la prière et l’exercice physique.

Nous lisons aussi dans notre Règle que « Les Frères cherchent à partager largement la fraternité qu’ils cultivent dans leur communauté. Celle-ci, maison et école de communion, est ouverte activement aux autres, avec générosité, spécialement aux  partenaires, aux jeunes en recherche de vocation et aux proches parents de ses membres … (Règle 52).

En s’engageant sans retour avec les Frères, Jean-Baptiste de La Salle a ouvert un chemin de sainteté pour tous les éducateurs. Les Frères, premiers dépositaires du charisme lasallien, sont heureux de voir nombre de leurs Partenaires vouloir approfondir la connaissance du Fondateur dans son itinéraire, sa spiritualité et son œuvre. 

Dans le développement de l’association avec des hommes et des femmes qui cheminent   avec eux et se reconnaissent aujourd’hui comme fils et filles de Jean-Baptiste de La Salle, ils      voient un signe des temps qui les remplit d’espérance. (Règle 157)

Frères, Association lasallienne, communautés dynamiques et éducation humaine et chrétienne de qualité ne sont pas notre but ultime; ce  sont des moyens pour atteindre le but de notre charisme : annoncer l’Évangile aux pauvres et veiller à ce que leur cri soit entendu et transformé, en particulier, dans les visages souriants des enfants.

Au début des années 1980, l’ancien Frère Supérieur, José Pablo, a noté la déconnexion  des Frères entre le service des pauvres et la promotion de la justice. Depuis lors, nous avons fait de grands progrès pour comprendre que le service aux pauvres et la promotion de la justice vont de pair. La Règle évoque cette évolution de notre compréhension.

Envoyés principalement auprès des pauvres, les Frères sont conduits personnellement et communautairement à prendre conscience des racines mêmes  de la pauvreté qui les environne et à s’engager résolument, parle service éducatif, dans  la promotion de la justice et de la dignité humaine. Cette préoccupation anime aussi l’activité des Frères quand celle-ci s’adresse à un milieu social plus aisé. Ils font croître dans l’esprit de solidarité ceux qui leur sont confiés et les sensibilisent aux situations d’injustice  dont les pauvres sont souvent les  victimes. (Règle 16.1)

Au cours de cette Assemblée, nous avons également reconnu la collaboration croissante entre Districts, Régions et autres ordres religieux. Nous avons évoqué des Frères et partenaires offrant des opportunités éducatives aux enfants ayant de graves problèmes émotionnels, offrant un environnement scolaire sûr et accueillant aux réfugiés fuyant la violence et l’oppression, donnant de l’espoir aux gens dans les pays déchirés par la guerre à travers des programmes de formation pour les enseignants, sages-femmes et infirmières.

La sociologue, Sœur Patricia Wittberg, a déclaré: « S’il y a une vie religieuse au sein de l’Église catholique au XXIsiècle, alors son charisme de base … doit résonner avec la plus profonde angoisse, discontinuité ou tension d’au moins un aspect de la culture contemporaine… ».[3]

Dans sa Lettre pastorale de 1999 sur la défense des enfants, l’ancien Frère Supérieur, John Johnston, réfléchissant sur son expérience de l’Institut mondial, a suggéré qu’un aspect de la culture contemporaine auquel nous sommes capables de répondre est celui des enfants exploités et négligés. À l’approche du 20eanniversaire de cet appel, que la célébration de la vie de Saint La Salle et de la vocation lasallienne soient aussi une période de réengagement pour les enfants pauvres qui continuent d’être exploités, maltraités, négligés et abandonnés.

La vie communautaire et l’Association pour la Mission sont les moyens par lesquels nous étendons la gloire de Dieu sur la terre, ce qui est le but de notre Institut. Nous nous consacrons à Dieu pour procurer sa gloire en accomplissant ensemble et par association notre ministère apostolique d’éducation (Cf. Règle  1). En répondant aux aspirations éducatives des enfants et des jeunes, en particulier des plus pauvres, nous leur permettons d’expérimenter la joie de l’Évangile.

Frères, Jésus est notre fondation et l’annonce de l’Évangile est notre tâche. Je vous envoie maintenant en tant que ministres de Dieu et ambassadeurs de Jésus-Christ pour encourager la vie communautaire, animer l’association et mener à bien notre merveilleuse mission dans l’Institut, vos Régions, Districts et Délégations

.

En cette fête de Saint Patrice, je vous envoie, Frères, avec la bénédiction suivante dans l’espoir que vous atteindrez votre port d’attache en toute sécurité:

 

Que la route se lève pour vous rencontrer ;
Que le vent soit toujours sur votre dos ;
Que le soleil brille sur votre visage ;
Que les pluies tombent doucement sur vos champs.
Et, jusqu’à ce que nous nous retrouvions,
que  Dieu vous retienne dans la paume de sa main.

Saint Jean-Baptiste de La Salle …

 Vive Jésus dans nos cœurs …

 

Merci et bon voyage !

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