Présence de Dieu: le récit de Frère Florent Gaudreault

Souvenons-nous que nous sommes en la sainte présence de Dieu!

Quand on croit, même dans le doute, on ne perd jamais l’espérance. Dans nos moments occasionnels de découragement, provoqués parfois par des échecs ou des incompréhensions, ou qui surviennent lentement, apparemment sans raison, et qui disparaissent souvent de la même façon, on ne se sent pas dériver dans le vide : quelque chose, quelqu’un nous retient à la vie, ne nous laisse jamais nous détacher du pôle central de notre existence. On sent une présence, même si elle est indéfinissable, mystérieuse, inséparable de qui l’on est, faisant partie de soi; c’est ce que j’appelle la présence de Dieu et dont j’ai souvent fait l’expérience.

 

J’avais précisément 13 ans quand j’ai entendu cette phrase pour la première fois; c’était en classe, au tout début de cette année scolaire désignée alors sous le nom d’ « Éléments latins »; elle nous était répétée régulièrement, aux heures, même, si je me souviens bien. Nous baignions alors dans un mode très marqué par le religieux; je ne sais pas si on aurait pu faire la même invitation en classe cinq ou dix ans plus tard; peut-être, mais je n’en suis pas certain, car on devenait plus frileux à l’évocation du religieux, du moins dans notre petit monde. Mais jamais cette invitation, même si elle ne fut que très rarement évoquée dans mes années de scolarité suivantes, ne fut complètement oubliée; la présence de Dieu, c’était resté comme une évidence! Ce mantra fut vraiment mon premier contact avec le monde lasallien.

 

Quand nous entendons ou regardons les nouvelles aujourd’hui, ce n’est pas la présence de Dieu qui nous est rappelée, mais trop souvent, hélas, celle du mal, de la bêtise humaine, du fanatisme, de l’ignorance, de l’injustice, de l’inconscience face à notre responsabilité environnementale commune. Ce que nous voyons très souvent, c’est l’apparente victoire de la mesquinerie, de l’exploitation des vulnérables, de la course au profit à court terme sans souci pour les conséquences. Malgré toutes les bonnes raisons que nous pouvons avoir de désespérer de l’espèce humaine, il nous faut garder le cap sur l’espérance : souvenons-nous que nous sommes en la sainte présence de Dieu! C’est cette présence qui change tout et qui m’a souvent empêché, surtout quand j’étais plus jeune, de sombrer moralement; elle fut une véritable planche de salut, car il s’agissait d’une présence aimante.

 

Je rappelle en terminant ces mots d’André Frossard : “Passerait-on un millier de siècles en présence de Dieu, qu’on ne le verrait jamais que pour la première fois.”

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