Série présence de Dieu: Denis de Villers

Où est Dieu? -Dieu est partout.

Si Dieu est partout, pourquoi ne le voyons-nous pas? -Parce que c’est un pur esprit qui ne peut être vu par les yeux du corps.

C’est là l’une des questions-réponses du catéchisme que plusieurs ont eu à apprendre par cœur étant jeune. Il aura fallu une vie pour en comprendre le sens.

Je suis de la génération des jeunes de l’école des années 70. Tandis que le dimanche, nous devions aller à la messe sans en comprendre vraiment le sens, à l’école, en semaine, le service d’animation pastorale nous faisait vivre des moments signifiants dans le but avoué de nous faire vivre une expérience de Dieu. La pastorale du temps voulait être le laboratoire de la foi.

Après avoir vécu une expérience d’une semaine l’été dans un camp de formation chrétienne dirigé par les frères, j’ai eu la piqûre. Assez pour devenir moniteur. Les moments forts que nous faisions vivre aux jeunes me permettaient comme témoin privilégié de pressentir l’action de Dieu dans le cœur des jeunes et d’en détecter la présence agissante. Je n’avais jamais entendu l’expression « Souvenons-nous que nous sommes en la sainte présence de Dieu » pourtant, j’en avais l’intuition profonde. La prise de conscience de cette présence dynamique de Dieu m’incitait à m’impliquer davantage pour toucher les cœurs des jeunes.

Au Collège Marie-Victorin, le Frère Donald Bédard nous enseignait qu’on pouvait rencontrer Dieu de 7 façons différentes (ses 7 « spots » comme il les appelait): dans la messe, les écritures, les sacrements, la prière, les miracles, les saints et dans les autres personnes qui nous entourent.

C’est ce qui m’a conduit dans le monde de l’éducation. C’est là que les jeunes sont devenus présence de Dieu vivante pour moi.

J’ai en effet vécu des moments de grâce où Dieu s’était invité : chez un élève qui, en cours de rattrapage, comprend enfin la matière enseignée, chez un jeune en difficulté d’apprentissage qui reprend confiance en lui, chez un élève relevant un défi qu’il pensait être au-dessus de ses capacités, chez un jeune qui décide de faire du service des autres sa passion et son métier, et enfin, chez un collègue éducateur qui change sa façon de voir le jeune qui lui en fait voir de toutes les couleurs.

J’ai vécu aussi de façon intense la présence de Dieu lors du 43e Chapitre Général où j’étais invité, avec d’autres consultants laïcs. En plein passage de l’an 2000, les questions semblaient plus nombreuses que les réponses. Et parmi les plus criantes, mentionnons : comment vivre ensemble aujourd’hui la Mission partagée, comment mieux répondre à notre mission d’éducation humaine et chrétienne et enfin, comment faire tout cela en tout respect de nos identités respectives?  En dépit d’échanges parfois pénibles, chacun sentait que l’Esprit était là, agissant. Le résultat a donné lieu à des orientations et des recommandations fortes et audacieuses. J’en suis revenu tout transformé.

Où est Dieu? -Dieu est partout.

Si Dieu est partout, pourquoi ne le voyons-nous pas? -Mais non, nous le voyons très bien au contraire!     Denis de Villers, associé lasallien

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