Série présence de dieu: Frère Frederick C. Mueller, f.é.c.

INSTRUMENTS  DE  LA  GRÂCE  DIVINE

Ça s’est passé pendant l’année scolaire 2007-2008. C’était une journée scolaire normale et je faisais les choses habituelles c’est-à-dire cette journée-là, de la surveillance dans la classe d’un nouveau professeur à l’Académie De La Salle de Providence, Rhode Island. Assis à l’arrière de la classe, lors d’un cours sur l’histoire des États-Unis, j’ai remarqué que le jeune homme assis à mes côtés, un junior, n’avait pas son livre avec lui. Durant le cours de 50 minutes, il semblait être attentif, mais ne rien faire d’autre que de « regarder ». Je l’ai rencontré dans le corridor à la fin du cours et je lui ai dit (j’ignorais alors son nom) que j’espérais plus de lui. Et ce fut le début d’une relation qui dure encore aujourd’hui.

Pendant l’année, il venait dans mon bureau pour causer ou simplement s’asseoir. À la fin de l’année, il m’a remis une copie d’une composition qu’il préparait pour son admission au collège. Dans cette composition, il parlait de notre relation en herbe : « Le fait de parler avec Frère Fred m’a fait réfléchir. Si sa présence dans ma vie a autant de sens pour moi, eh bien, c’est peut-être que ça peut changer quelque chose dans la vie d’autres personnes ». Plus loin, dans son essai il a parlé de sa relation à Dieu : « Je crois que Dieu m’a mis ici pour une raison et je veux être un instrument de sa paix. Être près de Dieu change tout ce que je fais. » J’ai été ému par la présence de Dieu dans la vie de ce jeune homme et la manière dont Dieu m’a utilisé comme instrument de sa grâce.

C’est, cependant, tôt au cours de son année comme sénior que la présence de Dieu s’est manifestée de façon encore plus profonde. Maintenant un sénior, il est venu me trouver dans mon bureau après que j’eus présidé la prière du matin à l’intercom de l’école. Il m’a dit qu’il avait beaucoup aimé la prière. Je l’ai remercié et je lui ai demandé s’il priait. Il m’a répondu qu’évidemment, oui. En fait, la veille au soir, il avait écrit une prière. Je lui ai demandé s’il voulait la partager avec moi. D’une manière typiquement adolescente, il a déchiré une feuille de son cahier, m’a demandé un crayon et a écrit sa prière. Elle disait : « Laissez la brise divine traverser votre fenêtre et remplir votre maison de façon à ce que non seulement vous la respiriez, mais aussi tous ceux qui entreront. » J’ai été profondément touché par cette formulation, si simple et pourtant si profonde. Il avait ramassé en peu de mots ce que l’on exprime quand on dit : « Souvenons-nous que nous sommes en la sainte présence de Dieu. »

Ce brouillon de papier est toujours sous la vitre de mon bureau. Je le vois chaque matin quand j’embrasse mon bureau pour me rappeler que Dieu est présent – dans ce bureau, dans chaque personne qui vient, dans la profondeur de mon être. Pendant toutes ces années, les paroles de ce jeune homme ont été l’instrument de la grâce divine dans ma vie.

Frère Frederick C. Mueller, FSC

Académie De La Salle, Providence, RI

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