Série Présence de Dieu: « En sécurité, apprécié, aimé »

                Des jeunes hommes viennent à notre résidence de l’agence de services familiaux pour plusieurs raisons : abus, négligence, dépendance, violence familiale, victimisation sexuelle, acte criminel et autres du genre. Chacun a besoin d’être aimé pour ce qu’il est et pour le potentiel qu’on peut découvrir derrière les haillons qu’il porte sans parler des difficultés qui sont les siennes comme partie intégrante de son histoire de vie en lambeaux.

                C’était pendant la Semaine Sainte. Environ 40 Frères étaient réunis pour une retraite à ce centre qui est également un organisme partenaire de l’agence de la Protection de la Jeunesse. Plus tôt cette même semaine, un jeune homme était arrivé dans le programme réhabilitation. C’était une transition intense pour un fils unique de se retrouver soudainement loin de sa maison et de vivre avec 30 autres. Peur, angoisse et les signes révélateurs d’un passé trouble et peut-être abusif : regard au sol, peu de contact visuel, paroles murmurées, tranquille –  presque silencieux – mais pas à cause de la gêne, retiré, nerveux si quelqu’un vient trop près, « de grâce, touche-moi pas ». Mais, l’attention lasallienne, comme on le sait, est spéciale, relationnelle et curative.

                Ce jeune homme faisait partie de notre programme culinaire et il a été affecté à la salle à manger des Frères pendant la retraite. Les Frères, les invités et les autres le saluaient en lui demandant son nom et des bribes d’information à son sujet, lui parlant dans des conversations occasionnelles et lui témoignant une attention personnelle dans le cours de cette retraite.

                Nous avons observé une amorce de contacts visuels, le silence remplacé par un rapide « bonjour, Frère » au quatrième ou cinquième repas, puis le partage d’une farce ou d’un sourire quand un Frère disait : « Merci! Bon travail ». Lors du dernier repas de la retraite, il a donné la main aux Frères avec un sourire et un début de confiance en lui-même. C’était peut-être le plus important et le plus significatif dans notre ministère : guérir des bribes du passé par une simple attention, du respect et peut-être même un peu d’amour.

                Les Frères ont touché un cœur dans le besoin simplement en étant eux-mêmes. Un jeune homme a senti, pour la première fois peut-être depuis longtemps, sécurité, appréciation, attention et j’ose dire amour. Dieu se rend présent et des vies sont transformées par des relations affectueuses – peut-être plus qu’on pense.

Frère James Martino, FSC

Ocean Tides School

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