Dans la série présence de Dieu: Reconnaissante pour la rencontre

               Charles était tranquille, poli et aimable. Toutefois, il était incapable ou il ne voulait pas faire ses devoirs. Il ne travaillait pas en dehors de la classe, ce qui n’est pas rare quand un jeune se rend compte de la liberté qu’offre le collège. Ses notes d’examens étaient régulièrement au bas de la liste de la classe. À voir son comportement, il semblait que le cours n’était pas une priorité pour lui. Il était proche de la limite du retrait. J’ai donc décidé de l’inviter à me rencontrer. Parce que la possibilité de réussite dans cette classe était minime, le retrait était une option à considérer sérieusement.

               Je n’attendais pas la réponse qu’il m’a faite : « S’il vous plaît, ne m’obligez pas à me retirer de ce groupe ! »

               Je lui ai expliqué que je ne pouvais pas le forcer à se retirer, mais à quoi servirait un F comme note du cours ?

               « Je sais que je ne vous ai pas respectée, ni ma famille, ni moi-même, mais, de grâce, ne m’obligez pas à me retirer! Je ne veux pas être comme mon père. »

               Il s’est efforcé de cacher les larmes qui perlaient de ses yeux. Je me suis demandé si son père lâchait trop facilement. Il m’a alors confié qu’il était peu présent pendant qu’il a grandi. La drogue était plus importante pour lui que la famille.

               Il m’en confia davantage. Il était le premier de la famille à se rendre jusqu’au collège. Puis vint ce que je considère comme étant la plus destructrice des confidences. La grand-mère qui l’avait élevé ne cessait de lui dire qu’il ne pouvait pas réussir au collège. Ce jeune ne semblait trouver personne ayant confiance en lui, bien qu’il ait mentionné un oncle chez qui il avait occasionnellement trouvé refuge.

               Je lui ai alors demandé : « Comment vont tes autres cours ? Pouvons-nous penser à un cours moins exigeant en maths? Peux-tu demeurer davantage chez ton oncle ? »

               J’ai prié pour trouver quelques mots d’encouragement et de support. J’ai pensé à la présence de Dieu dans ses luttes. Charles était un des « pauvres » de Dieu. Le fait qu’il m’ait cru autant me semblait un merveilleux privilège divin.

               J’espère toujours qu’écouter et être présent aident. Je n’ai pas pensé qu’un miracle s’était produit et qu’il avait réussi ses examens. Mais il ne s’est pas retiré et il a été présent jusqu’à l’examen final. Je me souviens de lui, je prie pour lui et je me demande quel a été le résultat final. Est-ce que la réussite du collège qui était si importante pour lui l’a aidé à se sentir en sécurité ? En est-il venu à ressentir une passion qui le motivait à croire qu’un emploi serait plus que qu’un travail étudiant? Est-il maintenant le père qu’il aurait voulu que son père fut pour lui ?

               En fin de compte, je dois être reconnaissante de cette rencontre. Je le confie ainsi que tous nos élèves à la protection divine.

Cathy Grilli

Christian Brothers University

Memphis, TN

Les commentaires sont fermés.

404