Réflexion lasallienne d’août 2019 : Nos rencontres [mettre ici un verbe d’action] notre vocation.

« Le souvenir de la présence de Dieu sera un grand avantage pour vous aider et vous inspirer à bien faire toutes vos actions. »

 Saint Jean-Baptiste de La Salle[1]

Comme De La Salle lui-même, nous revenons à cette vision centrale, chatoyante et porteuse de la mémoire de la présence de Dieu dans tout ce que nous voyons, faisons et poursuivons. Le Christ habite au milieu des tâches quotidiennes, des rencontres, des décisions et des expériences qui composent notre journée. Où d’autre trouver le Christ ressuscité, l’Esprit Saint vivant? [2]Vous ne pouvez pas entrevoir seul votre chemin vers le salut.

Cela m’a frappé plus puissamment récemment quand je lisais un discours d’ouverture donné par Fred Buechner à un séminaire non-catholique. « Encore et encore, disait-il, le Christ n’est pas présent où, en tant que prêtres, vous seriez apte à le chercher, mais précisément là où vous n’auriez pas pensé à le chercher dans mille ans. Le grand prédicateur, le coucher du soleil, le Requiem de Mozart peut vous laisser froid, mais l’enfant dans la porte, la pluie sur le toit, le rêve à demi-souvenir, peut parler de lui et pour lui avec une éloquence qui vous ramollit les genoux. » [3]Bien dit ! Combien d’entre nous n’ont pas remarqué, entendu, dit, ou fait quelque chose qui, si petit qu’il soit, fait tourner notre monde? La réponse généreuse de De La Salle lors de la brève rencontre avec Adrian Nyel à la porte du couvent des Sœurs de l’Enfant-Jésus a été un moment charnière. Difficile d’imaginer ce qu’aurait pu être ce moment-clé si cela n’était pas arrivé, si tout l’enchaînement des autres événements ne les avait pas amenés tous les deux là-bas à ce moment précis, avec précisément leurs personnalités et leurs intérêts, et avec précisément leurs priorités et sensibilités religieuses. C’est ce concours de circonstances providentiel improbable, si vous voulez, qui a abouti à un mouvement éducatif qui a été lancé par un laïc, établi et élaboré par un prêtre, et qui est maintenant porté par des Frères et Partenaires de tous les milieux, de toutes les vocations et de cultures variées. On ne peut pas inventer ça ! On ne peut s’empêcher de faire des parallèles avec les circonstances providentielles évidentes qui ont conduit à l’existence physique de notre propre planète bleue.

 « Les astronomes ne s’entendent pas sur la rareté de la vie dans l’univers, mais la Terre possède néanmoins plusieurs caractéristiques qui la rendent « parfaite » pour la vie telle que nous la connaissons. Les bons ingrédients ont été réunis: Une planète a besoin d’eau liquide, d’une source d’énergie et de blocs de construction chimiques comme le carbone, l’oxygène, l’hydrogène et l’azote pour que les formes de vie que nous connaissons puissent prospérer. La bonne croûte : Les géants du gaz et les mondes en fusion n’ont pas leur place ici. Heureusement, la Terre possède la distribution appropriée d’éléments pour assurer un noyau métallique chaud et un manteau rocheux. La bonne température: La nécessité de l’eau liquide  signifie également que les températures planétaires doivent permettre à la substance de conserver sa forme liquide dans certaines régions. La bonne lune: Notre grande lune assure la stabilité du climat en minimisant les changements d’inclinaison planétaire. Si notre planète n’avait pas d’inclinaison, elle n’aurait pas de saisons. De même, une inclinaison sévère entraînerait des saisons extrêmes. La bonne étoile: Le soleil fournit à la Terre l’énergie pour la vie s’y épanouisse et cette dernière est heureusement plutôt stable. [La Terre se trouve dans une zone habitable qui permet à l’eau de rester un liquide – La zone de Boucle d’Or – et ont une orbite stable en raison de la distance et la taille de la lune.] (…) Le bon noyau : Le noyau interne solide de la Terre et le noyau externe liquide jouent un rôle crucial dans la protection de la vie contre le rayonnement solaire mortel. Les différences de température et de composition dans les deux régions centrales sont à l’origine de cette puissante dynamo qui émet le champ électromagnétique protecteur de la Terre. Les bons voisins: Jupiter protège la Terre des bombardements stellaires constants. Sans la géante gazeuse dans le quartier, les scientifiques prédisent que la Terre supporterait 10 000 fois plus de collisions d’astéroïdes et de comètes.[4]Et cette liste n’inclut même pas des choses comme l’air respirable, la variété des espèces, et notre cerveau humain.[5]

Qu’est-ce que tout cela signifie pour nous, en tant qu’éducateurs qui apprécient la complexité de la présence de Dieu? Buechner le dit bien et fait même écho à De La Salle. « Dieu parle dans ou hors de l’épaisseur de nos jours. Il ne parle pas seulement à travers les sons que nous entendons, bien sûr, mais à travers des événements dans toute leur complexité et leur variété, aussi bien que dans les harmonies et les disharmonies et le contrepoint de tout ce qui se passe. Quant au sens de ce qu’il dit, il y a des moments où nous sommes susceptibles de penser que nous savons. … » Essayer d’exprimer même dans les termes les plus perspicaces et théologiquement sophistiqués le sens de ce que Dieu parle à travers les événements de nos vies est une entreprise aussi précaire que d’essayer d’exprimer le sens du bruit de la pluie sur le toit ou le spectacle d’un coucher de soleil. Mais je choisis de croire qu’il parle quand même, et la raison pour laquelle ses paroles sont impossibles à saisir dans le langage humain est bien sûr qu’elles sont en fin de compte toujours des mots incarnés. Ce sont des mots étoffés dans le quotidien, pas moins révélateurs que dans les crises de notre expérience. [6]

Puissions-nous découvrir le verbe d’action qui lie nos rencontres quotidiennes à la vocation de notre vie.

Frère George Van Grieken, FSC

Note: cette réflexion lasallienne est tirée du Blogue de Frère George Van Grieken qu’on peut lire sur le site de Lasallian Resource Center au: lasallianresources.org


La version PDF originale de cette réflexion est ICI.

[1] De La Salle, John Baptist, The Letters, Translation, intro., and commentary by Colman Molloy, FSC. Edited with additional commentary by Augustine Loes, FSC, (Landover, MD: Christian Brothers Conference, 1988), 20 (Letter 2).

[2] “Earnestly ask Jesus that all your work be energized by his Spirit and draw all its power from him.” (Med 195.3)

[3] Buechner, Frederick. Buechner 101: Essays, Excerpts, Sermons and Friends, Kindle Edition, Location 309.

[4] https://science.howstuffworks.com/life/evolution/earth-just-right-for-life.htm (Retrieved August 1, 2019)

[5] For a really interesting overview of all this, see “One Strange Rock” (National Geographic). Available on Netflix.

[6] Buechner, Frederick. Buechner 101: Essays, Excerpts, Sermons and Friends, Kindle Edition, Location 354

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