Dans la sérié présence de Dieu: Donner leur souffrance à Dieu

               « Que faire si je suis en colère contre Dieu ? Est-ce que je peux partager cela ? »

               « Évidemment », ai-je répondu.

               C’est ainsi qu’a commencé une prière partagée lors d’une retraite Kairos que je n’oublierai jamais. Voici la situation : sept élèves assises sur le plancher d’une salle sombre où on ne retrouve qu’une seule chandelle allumée – représentant la lumière du Christ – et la croix de notre petit groupe représentant le sacrifice de Dieu pour nous. Chaque élève devait s’adresser à Dieu directement dans une prière.

               « Alors, je commence » nous a dit Marcela. Elle a saisi la croix et nous a dit sa colère contre Dieu de ne pas lui avoir donné un père à la maison. Le sien était un membre de gang criminalisé qui avait fait des séjours en prison. Il était aussi un accro de la drogue. Elle s’est mise à pleurer.

               Ce fut au tour d’Alexa. « Je souhaiterais que Dieu ne m’ait pas enlevé ma mère. »  Sa mère était morte d’un cancer quelques années auparavant et son père n’était pas à la maison. Au contraire, il vivait dans la banlieue de San Francisco, tantôt drogué, tantôt en dépression. D’autres pleurs.

               En fin de compte, la croix arriva à Valeria. « Moi aussi je déplore la mort de ma mère. Pourquoi un Dieu d’amour a-t-il permis qu’elle soit tuée ? » Sa mère avait été violemment assassinée par son père; elle et sa sœur en avaient été des témoins horrifiés.

               Tout le groupe pleurait, y compris moi. C’est clair, les murs étaient brisés, la colère apaisée, le mouvement vers la guérison pouvait s’amorcer.

               J’ai senti la présence de l’Esprit Saint qui nous engloutissait tous dans une embrassade d’amour. À compter de ce moment, les trois filles ont vu la vie sous un angle tout nouveau. Elles ont commencé à comprendre que Dieu est présent même dans les situations difficiles ou crève-cœurs, voire même quand la réponse de Dieu n’est pas celle qu’elles voulaient entendre.

               Abandonner leurs douleurs à Dieu les a aidées pour une vie pleine. Elles ont commencé à sentir vraiment que Dieu est présent dans leur existence. De plus, le partage avec leur petit groupe les a soudées à d’autres qui pouvaient les entendre.

               Je pense souvent à ce moment-là, en sachant que, bien qu’aucune d’entre elles ne sera entièrement guérie, ces trois élèves ont soulagé leurs épaules d’un lourd fardeau. Leurs regards ont changé, peut-être seulement un peu, mais ils ont changé. De La Salle nous dit : « Vous exercez un ministère qui exige que vous touchiez les cœurs. » Des cœurs ont été touchés dans cet instant mémorable, principalement le mien.

Greg Schmitz

Sacred Heart Cathedral Preparatory,

San Francisco, CA

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