Réflexion du Conseiller général: Donner une voix aux sans-voix

Par Frère Tim Coldwell, FSC

4 octobre 2019

Pour apprécier pleinement ce à quoi Jésus s’attendit lorsqu’il envoya les 70 disciples avec pour instructions de voyager deux par deux, de laisser leurs bagages à la maison, avec pour toute nourriture ce que les hôtes sur la route leur offriraient, il est utile de se rappeler qu’ils sont envoyés vers les pauvres. Vers les familles qui se débattent pour s’en sortir, aux désespérés et aux vaincus, bref, aux sans voix. Croyez-moi, Jésus dit: ils vous recevront, s’occuperont de vous, vous écouteront.

Saint Jean-Baptiste de La Salle fit à peu près la même chose à partir de 1680. Il a fondé des écoles qui ne facturaient pas un centime, soutenues en cela par une communauté de Frères qui laissèrent leurs bagages à la maison. Tout cela pour et au nom des familles qui se débattaient dans la pauvreté, souvent désespérées et vaincues, avec leurs enfants, vulnérables et sans voix. Les Frères ont offert leur présence et l’Évangile gratuitement.

Trois cents ans se sont écoulées depuis sa mort. La mission et la communauté qu’il a fondée sont maintenant dynamiques et présentes dans 79 pays. Ce sera une année merveilleuse pour méditer sur cette question : « Comment une seule école dans une seule ville qui ne demande pas un seul sou peut-elle donner un tel élan à un mouvement d’envergure mondiale ? »

Peut-être est-ce dû au fait qu’ils ont appris aux jeunes à lire, à écrire et à parler dans leur langue maternelle ? Peut-être est-ce dû au fait que l’enseignement et le mentorat des enfants pauvres dans les compétences de lecture et d’écriture ont ouvert des portes qui leur étaient jusqu’alors fermées ? Peut-être est-ce dû au fait qu’ils avaient des raisons d’espérer un avenir de travail significatif plutôt que de travail avilissant? Peut-être est-ce dû au fait qu’ils ont appris à parler et à écouter Dieu et à comprendre le langage divin de l’amour et de salut comme si c’était la première fois?

C’est sans doute tout cela, qui m’amène à penser que le but de De La Salle ne faisait qu’un avec le but de Jésus. Celui d’aider les pauvres à « trouver leur voix » dans la famille, la société et l’Église.

Aujourd’hui, même si une oeuvre éducative facture des frais de scolarité ou autres, le propre de l’action prophétique de notre histoire fondatrice nous interpelle encore. Comment faire en sorte que les jeunes trouvent leur voix, en particulier pour ceux qui sont vulnérables et sans voix? Et puis une fois qu’ils trouvent leur voix, comment pouvons-nous les guider à bien l’utiliser? Comment leur enseigner la civilité sur la place publique, la compassion dans leurs relations, la prière du cœur ?

En Jésus, nous rencontrons la présence et la personnalité de Dieu. Dieu est Amour. Il me semble que c’est là que tout commence. Toutes nos politiques, protocoles et priorités découlent de ce point alpha. C’était le même point de départ pour De La Salle. Il est alors naturel de se demander : « Que faisons-nous en 2019 pour faire en sorte que cet Amour intense prenne forme dans la vie quotidienne de nos élèves ? »

Cette réflexion est extraite de la page de réflexion du Conseiller général
Par Frère Timothy Coldwell, FSC

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