N’EMPORTEZ QUE L’ESSENTIEL – Réflexion de Frère Tim Coldwell

Février, 2020

Le rôle de Conseiller Général m’a envoyé sur la route et dans le ciel assez régulièrement. Une question que l’on me pose de temps en temps est à quel point je voyage. En général, je ne sais pas quoi dire d’autre que « je fais et défais mes valises souvent. » Un jour je me suis senti interpellé en entendant les consignes de bagage de Jésus pour les Douze lorsque il les a envoyés en mission: «Ne prenez rien d’autre pour le voyage, qu’un bâton de marche. Pas de nourriture, pas de sac, ni d’argent dans vos ceintures. » Ils devaient certainement porter des sandales, mais pas une deuxième tunique. J’ai pensé à combien j’empaquète et je dépaquète- et combien il est difficile de réduire les choses en nombre pour atteindre l’essentiel.

Et j’ai pensé au message tacite dans les consignes de Jésus. Dans le ministère de l’éducation lasallienne, c’est une grande question à se poser de temps en temps : qu’est-ce qui est essentiel?

Peut-être que notre réponse est à peu près la même qu’elle l’était pour les Douze. Tout ce dont nous avons vraiment besoin, c’est d’une idée claire de qui nous sommes et de ce que nous faisons. Simplement, tout ce dont j’ai vraiment besoin, c’est de ma présence et de mon message, ou mieux, de ma conscience de la présence et du message de celui qui m’envoie en premier lieu, Jésus. De La Salle, autant que je sache, n’utilise pas ce langage de « l’essentialité », mais certaines méditations clés nous aident certainement à affiner ce qui est essentiel pour notre parole et notre travail.

Dans la méditation de l’Épiphanie, De La Salle nous exhorte à « Reconnaître Jésus sous les pauvres haillons des enfants que nous devons instruire ; l’adorer en eux » (96.3). Dans la neuvième méditation pour le temps de la retraite, il écrit : « Vous devez aussi montrer à l’Église quel amour vous avez pour elle et lui donner la preuve de votre zèle, parce que c’est pour l’Église (qui est le corps de Jésus-Christ) que vous travaillez. Vous êtes devenus ses ministres, selon l’ordre que Dieu vous a donné de lui faire passer sa parole » (201.2).

Deux autres méditations pointent vers ce qui est essentiel dans le voyage pour aller de l’avant. Pour le dimanche des Rameaux, De La Salle écrit : « Disposez-vous aujourd’hui à le recevoir pleinement en vous abandonnant tout à fait à sa conduite, et le laissant régner sur tous vos mouvements intérieurs, d’une manière si absolue de sa part et si dépendante de la vôtre, que vous puissiez dire, en effet, que ce n’est plus vous qui vivez, mais que c’est Jésus-Christ qui vit en vous » (22.2). Et, en réfléchissant à la mission, il poursuit: «C’est ce que votre zèle doit inspirer à vos disciples, comme si Dieu faisait appel à travers vous, parce que vous êtes des ambassadeurs pour Jésus-Christ» (201.2).

Percevez-vous le fil d’Arianne ici? Du moins d’où je suis assis, De La Salle pointe vers l’incarnation du Christ dans notre parole et notre travail. Christ dans les jeunes, Christ dans le corps, Christ dans le cœur, Christ dans la mission.

De La Salle a composé plus de 200 méditations, alors vous comprendrez que j’ai fait un choix très pointu ici, mais je crois qu’ils sont tous d’authentiques guides d’empaquetage pour ce qui est essentiel dans notre mission quotidienne. Rester attentif à la présence du Christ dans nos rencontres est essentiel. Dans le béton, ici et maintenant, dans les sommets et les vallées, Jésus ressuscité est présent, dans nos cœurs et plus particulièrement dans le cœur de ceux que Dieu nous a confiés.

Tiré de la page de réflexion  du Conseiller général

Par Brother Timothy Coldwell, FSC 

Voyez la page originale des réflexion de Frère Timothy Coldwell > 

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