Rayonnement d’éducateur

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La mission du Frère étant d’instruire et d’éduquer chrétiennement les jeunes, Frère Adolphe Chatillon ayant complété les bases de sa formation pédagogique fut lancé dans l’apostolat. Il fit ses débuts d’enseignant à l’école primaire de St-Jean d’Iberville, du 18 février 1890 jusqu’en août 1891

Il passa à l’école St-Jean-Baptiste de Québec de 1891 à 1895. Quatre années décisives au cours desquelles il fut remarqué par le frère Assistant Réticius, personnalité flamboyante responsable des œuvres lasalliennes de l’Amérique du Nord. Ce dernier proposa de placer ce jeune Frère parmi le personnel enseignant des Petits-Novices au Mont-de-La-Salle. Frère Adolphe Chatillon ( nommé alors Frère Théophanius-Léo) y demeura jusqu’en 1904, exerçant une influence marquante.

Petit Novice en novembre 1896, frère Léopold Fréchette (photo ci-contre) témoigne : «Je ne me rappelle pas d’avoir jamais vu un élève lui résister ou se plaindre de lui, tellement nous avions de respect pour ce professeur que nous aimions et que nous vénérions comme un saint. Les frères de la communauté, le directeur frère Raymond, le sous-directeur, frère Olippius, le frère Philibertus-Philippe et les autres l’estimaient aussi hautement.

Ses élèves étaient emportés par l’ardeur et l’intérêt de ses catéchismes. «Un soir, il nous parla avec tant de chaleur et de véhémence que nous en étions transportés d’émotion. Il me semble le voir encore s’animer pour nous faire connaître le bonheur des élus, la joie des âmes qui suivent l’Agneau partout où il va parce qu’elles sont demeurées pures.»

Frère Adolphe enseigna l’anglais en seconde classe, la prononciation française, l’explication d’auteurs et la rédaction, le dessin d’après nature qui inspira à ses élèves le goût du beau.

Le témoignage du frère Nivard-Anselme Vézina,(photo) son élève en 1901, souligne d’autres aspects de l’influence exercée par son éducateur.

«Frère Adolphe Chatillon aimait le travail et le travail bien fait. Ce qu’il faisait n’avait pas besoin d’être recommencé, tant il était bien fait. Tout ce qu’il écrivait était soigné : cahiers, registres, appréciation des copies ou devoirs d’élèves, partout le même soin.» «Nous goûtions les leçons du frère Chatillon. Leçons claires, bien expliquées, accompagnées d’exercices bien choisis. Tableaux synoptiques ou résumés sont des bijoux de précision et de disposition… Je n’ai pas souvenance qu’il ait dû élever la voix pour établir l’ordre ou l’attention : son regard atteignait tout le monde. Ses cours étaient attendus avec joie. Tous nous paraissaient égaux à ses yeux. Nous étions persuadés qu’il nous aimait, mais favoritisme ni tendresse de surface. Il était bon et indulgent, fermant les yeux sur des oublis de jeunes étourdis.» (Paru dans le fascicule édité en 1959, par f. Arnould, vice-postulateur)

 

 

 

Il connut quatre mois d’absence pour participer aux sessions de spiritualité, à la Maison d’Athis-Mons, (photo) en banlieue de Paris, du 4 août au 17 novembre 1902, alors qu’il atteindra ses 31 ans, le 31 octobre. Parmi ses notes, relevons :

31 octobre, Anniversaire de ma naissance et de mon baptême. Action de grâces; dire souvent : «Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens dont il m’a comblé». Demander pardon pour tant de péchés Parce Domini. Prier pour mon père, ma marraine, tous ceux qui m’ont fait du bien. Résolution de procurer la gloire de Dieu autant qu’il sera possible et que Dieu le demandera de moi.»   [c’est l’engagement de ses vœux].

24 octobre [ancien calendrier] «Neuvaine en l’honneur de S. Raphaël : hymne, colloque, prière les bras en croix. Grâces : zèle, autorité, bonté. Vues de foi. Pour papa : esprit de prière. – Sainte mort – »   [ S. Raphaël est un des patrons principaux, donnés par son père lors du baptême].

Lettre d’Adolphe à son père Octave :   Cher et bien-aimé Père,   C’est S. Raphaël qui m’amène votre lettre, je le prie de vous reporter la mienne qui vous dira tout le bonheur que j’éprouve en vous lisant. J’y respire un air de bonheur, de vive affection et qui ferait illusion si je ne savais que celui qui m’écrit est un vieillard de 75 ans. Que je bénis Dieu de vous donner une verte vieillesse qui laisse à toutes vos facultés leur liberté. Combien votre cœur avisé s’attache de toute son expérience au bon Maître qu’il a toujours servi. […] Je reçois avec plaisir l’expression de vos souhaits de fête.     Votre fils, Adolphe

[ M. Octave Chatillon   s’est éteint le 18 janvier 1906; il était né en 1831 ]

 

À LA TÊTE D’UNE ÉCOLE

            En janvier 1904, Frère Adolphe Chatillon est appelé à diriger l’académie Piché à Lachine. Expérience toute nouvelle pour lui que celle d’animer 10 professeurs dont deux ne sont pas des frères. Et de maintenir l’élan et l’ardeur au travail de 400 élèves et plus. Ses conférences pédagogiques du dimanche entretiennent la flamme apostolique avec le souci primordial de maintenir haut l’idéal pour le travail scolaire, pour les valeurs chrétiennes. Aux éducateurs il donne une consigne inspiratrice : «Soyez des anges adorateurs avant d’être des anges gardiens»

On peut souligner que l’église paroissiale est précisément sous le patronage des Saints Anges. Le Directeur met sur pied une société du Sacré-Cœur pour apprendre aux jeunes la vie spirituelle en intimité avec le Christ.

Paroisse des SS. Anges (photo ci-contre)

Quant aux soins apportés à l’enseignement, il y met toute son ardeur : « Noter ce que je propose de faire pour les classes, les séances, etc. le soumettre à Dieu et à l’obéissance si c’est de conséquence, puis entreprendre hardiment.» Le mandat de trois ans se termine en apothéose le 25 juin 1907.

 

UNE SUITE INTERROMPUE ABRUPTEMENT

On confie ensuite au Frère Adolphe (dit Théophanius-Léo), en août 1907, la direction de l’école dans la paroisse Ste-Cunégonde. L’année scolaire est entamée avec enthousiasme. Le curé se félicite d’accueillir un directeur pour lequel il développe une vive admiration. L’école rassemble environ 800 élèves. Robert Chatillon, le correspondant régulier du frère Adolphe offre à son frère ses vœux de succès : «Je te félicite pour ta nouvelle nomination, parce que tu seras en mesure de faire encore plus de bien, ton action peut s’étendre sur un plus grand nombre de cœurs, 800 enfants, quelle belle gerbe de cœurs à présenter au Maître, quel beau champ pour la vérité!» (Lettre du 7 août 1907)

Point tournant. Tout-à-coup, après 4 mois, en novembre 1907, une maladie mystère terrasse le directeur. Deux membres de la famille, l’abbé Edmond et son frère Édouard sont appelés à son chevet. Ils perdent presque espoir de le revoir vivant. Mais la Providence veille sur son serviteur qui revient à la santé progressivement à l’infirmerie de Maisonneuve. La convalescence va durer six mois. Son destin prend alors un tournant; il sera placé au Noviciat pour y tenir une tâche d’aide à la formation des jeunes Novices. Le rayonnement d’éducateur va se transformer en rayonnement de guide spirituel.

Rayonnement de sa joie

Rayonnement comme guide et formateur

Rayonnement de priant 

Rayonnement comme guérisseur 

Rayonnement de ses écrits

Rayonnement de priant

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