Réflexion lasalienne de Noël
Voici la méthode d’oraison proposée:
1) Prenez le temps qu’il vous faut pour vous rappeler la Sainte Présence de Dieu et prenez conscience de la façon dont cette Présence vous est accessible ici même.
2) Lisez la lecture de l’Évangile avec attention et réflexion, tout en vous laissant le temps d’absorber à la fois ce qui est dit et ce qui est signifié. Insérez-vous dans le contexte dans la réflexion, puis lisez-le texte une fois de plus. Passez à autre chose seulement lorsque cela vous semble intégré.
3) Réfléchissez et exprimez – par la parole, l’écrit, ou simplement par une pensée intérieure – comment cet Évangile est lié à l’Avent, de votre point de vue.
4) Lisez le commentaire évangélique plus bas, en notant tout ce qui vous semble important ou intéressant; peut-être quelque chose avec laquelle vous êtes en désaccord.
5) Si vous êtes en un groupe, parlez de ce qui a surgi en vous, ce que vous pensez, ou comment cela fait des liens avec vos pensées, vos expériences, ou les choses que vous vivez.
6) Terminez avec la récitation d’une prière (Notre Père, Salut Marie, etc.) Pour conclure, dites :
• Saint Jean-Baptiste de La Salle – Priez pour nous.
• Vive Jésus dans nos cœurs – À jamais.
Noël
Matthieu 1:18-25
Naissance de Jésus
18 Or la naissance de Jésus Christ arriva ainsi : Marie sa mère, étant fiancée à Joseph, se trouva enceinte par l’Esprit Saint avant qu’ils soient ensemble.
19 Mais Joseph son mari, étant juste et ne voulant pas la dénoncer publiquement, se proposa de la répudier en secret.
20 Et comme il réfléchissait sur ces choses, voici, un ange du °Seigneur1 lui apparut dans un rêve, en disant : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre auprès [de toi] Marie ta femme, car ce qui a été conçu en elle vient de l’Esprit Saint.
21 Et elle donnera naissance à un fils et tu l’appelleras du nom de Jésus1, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
22 Or tout cela arriva afin que soit accompli ce que le °Seigneur a annoncé par l’intermédiaire du prophète, en disant :
23 « Voici, la vierge sera enceinte et donnera naissance à un fils, et on l’appellera du nom d’Emmanuel », ce qui est traduit par : « Dieu avec nous. »
24 Or Joseph, s’étant réveillé de son sommeil, fit comme l’ange du °Seigneur le lui avait ordonné, et il prit sa femme auprès [de lui].
25 Mais il n’eut pas de relations avec elle jusqu’à ce qu’elle ait donné naissance à un fils ; et il l’appela du nom de Jésus.

RÉFLEXION LASALLIENNE – Noël
Alors, qu’est-ce que nous attendons au juste? Beaucoup de gens passent au-travers du temps de l’Avent comme ceux qui se tiennent dans une file sans vraiment savoir ce qui les attendra à la fin de celle-ci. Mais puisque c’est une ligne, ils pensent que ça doit être quelque chose de bon. Toutefois, ce n’est peut-être pas toujours le cas. Ça dépend de ce que vous envisagez comme étant « bon ».
Un jour, un ami et moi avons vu une file de jeunes pour la plupart, longue de plusieurs pâtés de maisons, sur une rue commerçante à Boston. Quand nous avons finalement demandé à quelqu’un à quoi servait cette ligne, nous avons découvert que c’était une ligne pour obtenir du rouge à lèvres gratuit! Les gens se précipitent et attendent volontiers pour des billets, pour le Père Noël, pour la communion; mais pour du rouge à lèvres?
Dans le cas de l’Avent, le « bien » n’est rien de moins que la célébration que Dieu est parmi nous, que l’Emmanuel (qui est un nom qui signifie « Dieu avec nous ») a été réalisé, rendu réel et physique et concret, en Jésus-Christ.
Cette bonne nouvelle dont nous entendons sans cesse parler n’est pas une idée, de l’information ou des connaissances particulières. Au lieu de cela, la Bonne Nouvelle est quelqu’un de réel, une vraie personne, qui a été conçue, qui est née, qui a vécu et qui est décédée. Il est aussi ressuscité des morts, avec son corps et son âme, et il a envoyé son Esprit pour que nous puissions être Lui pour les autres, et canaliser l’amour unique de Dieu. Pour ainsi dire, incarner un genre d’amour qui demeure dans la patience, le sacrifice et l’endurance. C’est le genre d’amour qui se cache derrière les motifs profonds et mystérieux des prophètes et des saints, des parents, des enfants, des bons amis. C’est le genre d’amour qui a peu de sens, mais apporte une grande joie. C’est le genre d’amour qui compte, qui demeure quand tout le reste tombe; le genre qui est l’essence de relations authentiques. Celles qui perdurent. Comme l’a dit un jour le cardinal Francis George: « Ce que nous prenons avec nous de cette vie à l’autre sont simplement les relations. Tout le reste disparaît, mais elles sont éternelles. »
Maintenant, beaucoup de gens sont prêts à accepter que Jésus est né, a vécu et est mort. Et ils sont bien à l’aise à propos de ce pouvoir profond et mystérieux qu’est l’amour authentique. Mais il est difficile pour eux de voir la pièce manquante qui se trouve entre les deux – le fait que Jésus, que Dieu, a redéfini la réalité d’une manière si radicale en devenant réellement, physiquement, l’un de nous et en faisant sienne l’humanité avec toute sa puissance de miséricorde et d’amour. Alors, comment cette pièce du milieu fait-elle une différence dans nos vies, ou comment le peut-elle?
Eh bien, nous sommes invités, dans la deuxième lettre de Pierre, à devenir « des participants de la nature divine ». (2 Pierre 1:4) Saint Athanase écrivit au 4e siècle : « Dieu est devenu homme pour que l’homme devienne dieu. » Le fait de Jésus-Christ – aussi appelé l’incarnation – est une invitation à vivre à l’intérieur et à l’extérieur d’une nouvelle réalité, d’une nouvelle dimension de l’univers, d’une nouvelle façon de voir les choses. C’est une invitation à une relation très réelle, très pratique, très personnelle avec Dieu, avec Jésus, qui façonnera toutes les autres relations. C’est aussi une invitation dans une communauté très réelle, très concrète, qui redéfinira la façon dont nous voyons toutes les autres communautés. Saint Jean-Baptiste de La Salle rend tout cela très personnel dans sa méditation pour Noël. Il dit: « “Depuis combien de temps Jésus frappe-t-il à la porte de votre cœur en attendant de pouvoir entrer ?”
(Méditation 85.1 Fête de la Nativité)
Tout le monde s’attend à un avenir merveilleux, un moment où nos désirs les plus profonds sont exaucés. Jésus est une invitation à commencer cet avenir maintenant. Anthony Bloom l’a très bien décrit. En attendant le jour où Dieu viendra dans la gloire, quand Dieu sera dans tout, nous devrions réaliser, dit-il, que « déjà maintenant Dieu est parmi nous ; déjà maintenant nous avons une vision de ce que chacun de nous est par vocation et peut être par la participation. Mais il s’agit d’une offre; Dieu donne Son amour, Dieu se donne – non seulement par le saint don de la communion, mais de toutes les manières possibles, Il est prêt à entrer dans nos vies, à remplir nos cœurs, à être intronisé dans nos esprits, à être la volonté de notre volonté. Mais pour ce faire, pour lui permettre de le faire, nous devons nous donner à Lui, nous devons répondre à l’amour par l’amour, à la foi – la foi que Dieu a en nous – par une foi qui est la confiance et la fidélité en Lui. Et puis, alors, nous, chacun de nous dans notre singularité et chacun de nous dans notre unité, deviendrons le Royaume de Dieu venu avec puissance, le commencement de la plénitude du temps. » 1 C’est la différence que Jésus fait.
1 Metropolitan Anthony of Sourozh – Christmas Sermon – January 7, 1989
Ainsi, à Noël, nous célébrons la Nativité de cette réalité dans la nouveauté et l’innocence de la mère et de l’enfant, liés dans la pauvreté et l’amour; contenu, plein d’espoir, joyeux, expectant, et très vivant. La grande invitation vous attend.
N’est-ce pas quelque chose qui vaut la peine de faire la queue ?
Commentaire évangélique par Frère George Van Grieken, FSC


