15 mai, fête de saint Jean-Baptiste de La Salle, patron des éducateurs

15 mai, fête de saint Jean-Baptiste de La Salle, patron des éducateurs

C’est notre temps, un « temps opportun » pour espérer[1] et prendre des décisions, non pas par peur de notre propre fragilité, mais avec l’audace et le courage évangéliques.
[1]Cf. Règle, 40.

Chers Frères, Partenaires et Membres de la Famille lasallienne,

Tout au long de la pandémie, les Frères, les Partenaires, les élèves, tous les personnels, et, en fait, tous les membres de la Famille lasallienne sont mis au défi de vivre la recommandation de La Salle « de s’assurer que l’école aille bien ». Vous continuez tous à créer et à maintenir des environnements éducatifs sûrs et accueillants dans vos communautés et centres éducatifs.  Aujourd’hui, alors que nous rappelons la vie et l’œuvre de Jean-Baptiste de La Salle, j’offre mes remerciements les plus sincères et ma reconnaissance à chacun d’entre vous pour votre service héroïque, votre leadership créatif et votre proclamation constante et joyeuse de l’Évangile.

Chacun d’entre nous et tous ensemble nous continuons à réfléchir à l’impact des nombreuses crises découlant de la pandémie sur nos vies, nos responsabilités sociales et notre mission d’annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres.  Une crise conduit toujours à un tournant et à la nécessité de prendre des décisions importantes.  Une crise s’apparente souvent à une rencontre inattendue qui, au début, est un catalyseur faiblement perçu, poussant à un changement radical ou à l’accélération d’un changement déjà en cours.  La rencontre inattendue de Jean-Baptiste de La Salle avec Adrien Nyel est un exemple familier d’un événement déclencheur de crise qui conduit à un changement radical. L’évolution de la réponse de l’Institut à la pandémie est un exemple de crise qui accélère des changements déjà en cours ; comme nous le savons, l’Institut est sur la voie du changement et du renouveau depuis un certain temps.

Saint Jean-Baptiste de La Salle nous invite à voir toutes les rencontres et les événements de la vie avec les yeux de la foi, c’est-à-dire dans le contexte de notre relation avec Dieu et ouverts à l’influence de l’Esprit Saint. L’écrivain spirituel Henri Nouwen nous suggère de rechercher la présence de Dieu dans tout ce qui arrive, car Dieu agit toujours dans notre histoire :

Ce que nous cherchons est déjà là…. Nous commençons à considérer l’histoire non pas comme un ensemble d’événements qui interrompent ce que nous « devons » faire. Nous voyons le temps à la lumière de la foi au Dieu de l’histoire. Nous voyons comment les événements de cette année ne sont pas seulement une série d’incidents et d’accidents, heureux ou malheureux, mais les mains de Dieu qui façonnent, qui veut que nous grandissions et mûrissions. [1]

Alors que nous préparons le 46ème Chapitre général et les assemblées internationales qui s’y rapportent, percevoir dans tous les événements bouleversants et troublants causés par la pandémie les mains de Dieu qui façonnent nous ouvrira à une nouvelle chance d’avoir une relation plus profonde avec nos sœurs et frères et à un renouvellement continu et vivifiant de notre mission d’éducation humaine et chrétienne.

Les thèmes du Chapitre général – Construire de nouveaux chemins pour transformer des vies – et de la troisième Assemblée internationale de la mission éducative lasallienne (AIMEL III) – Identité – Vitalité – Transformation – nous incitent à voir ce moment « comme un temps de profonde revitalisation » pour notre famille et notre mission lasalliennes. La Transformation envisage de nouveaux modèles de gouvernance inclusive à tous les niveaux de l’Institut et un engagement plus complet dans l’Association lasallienne. 

Frères et sœurs, nous sommes appelés à vivre nos vocations lasalliennes respectives en association pour la mission et à étendre notre présence aux marges de la société.  Nous sommes appelés à vivre cette expérience comme un « temps opportun » pour être des phares d’espérance et des créateurs de décisions audacieuses.  Notre foi en Dieu nous soutient et, dans notre faiblesse, nous accueillons à nouveau Jésus-Christ dans nos vies [2]pour que nous puissions enlever ce qui n’est pas pertinent et nous engager à nouveau dans la joie de l’Évangile, puisque par la foi les Frères, les Partenaires, les élèves et les Membres de la Famille Lasallienne[3] « jugent de toutes les réalités terrestres à la lumière de l’Évangile ». [4]

Bonne fête !                       

Fraternellement,

Frère Robert Schieler, FSC
Frère Supérieur


[1] Nouwen, Henri. Turn My Mourning into Dancing, Word Publishing, 2001, p. 55.
[2] Cf. 2 Cor 12,10.
[3] Conseil général, projet de document sur l’association pour la mission, 2021.
[4] Cf. règle, 6.