2e semaine de l’Avent: en Jésus, espérer d’avantage

2e semaine de l’Avent: en Jésus, espérer d’avantage

3 décembre 2021 Non Par Frères des Écoles chrétiennes

Bienvenue à la deuxième semaine de notre retraite de l’Avent. Cette retraite en ligne est offerte dans l’espoir qu’elle vous donnera l’occasion d’entrer dans un temps de prière, de réflexion et d’action pendant ce temps de l’Avent. La retraite comporte trois parties:

Présence: Vous êtes invités à entrer dans ce moment de retraite par le silence ou simplement accompagné d’une musique douce ou d’un chant choisi. Il s’agit d’un temps de préparation pour bien accueillir la parole de Dieu dans votre cœur.

Prière: Suivant la méthode d’oraison de saint Jean-Baptiste de La Salle, réfléchissez à l’Évangile du dimanche de cette semaine.

Participation: Vous êtes invités à réfléchir comment l’Esprit Saint vous appelle à rendre vivant le règne de Dieu dans votre vie, votre famille, votre communauté et le monde ? Le règne de Dieu— un règne qui reflète l’amour, la miséricorde, le pardon et la justice de Dieu.


Présence

Souvenons-nous que nous sommes en la sainte présence de Dieu.  Et adorons-le

Chant suggéré : Taizé – adoramus te domine


Prière

Saint Jean-Baptiste de La Salle a expliqué la méthode d’oraison à ses Frères. C’est l’évangile du Dimanche qui alimentera votre prière intérieure dans les trois mouvements qui suivent:


Premier mouvement de prière intérieure

La pleine conscience de la présence de Dieu

Arrêtez-vous quelques minutes pour vous déposer calmement et vous rappeler que Dieu est présent en ce moment même, avec vous…

  1. Dans toute la création, dans tout ce qui vous entoure;
  2. Dans vous-même, vous gardant en vie;
  3. Au milieu de ceux avec qui vous priez;
  4. Dans l’Eucharistie et dans la Parole de Dieu;
  5. En vous, par la grâce de Dieu à l’œuvre dans votre vie;
  6. Dans les jeunes et les pauvres.

Deuxième mouvement de prière intérieure

Contemplez le mystère de l’amour de Dieu à l’oeuvre dans le monde.

Lisez l’Évangile d’aujourd’hui (le texte suit ci-dessous) à quelques reprises lentement. Quels mots attirent particulièrement votre attention? Quels mots touchent votre cœur? Écoutez ce qui est dit; regardez ce qui se passe; essayez de prendre part au mystère; contemplez Jésus avec amour.

Réfléchissez au mystère de l’amour de Dieu à l’œuvre dans votre propre vie.

  1. Est-ce que l’Évangile d’aujourd’hui a-t-il un rapport avec votre propre vie ?
  2. Comment essayez-vous de partager le message de cet Évangile avec ceux avec qui vous vivez et travaillez ? Avec ceux qui ont été confiés à vos soins?
  3. Si vous choisissez de permettre à ce passage de l’Écriture de s’animer en vous maintenant, que devriez-vous changer dans votre vie ? Quels sont les obstacles à ce changement?

La voix de saint De La Salle

Dieu d’amour, enflamme-moi d’amour pout toi et mon prochain.(Explication de la méthode d’oraison)


Lecture de l’Évangile de Luc 3, 1-6

La quinzième année du règne de Tibère César, -lorsque Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, son frère Philippe tétrarque de l’Iturée et du territoire de la Trachonite, Lysanias tétrarque de l’Abilène,

et du temps des souverains sacrificateurs Anne et Caïphe, -la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert.

Et il alla dans tout le pays des environs de Jourdain, prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés,

selon ce qui est écrit dans le livre des paroles d’Ésaïe, le prophète: C’est la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.

Toute vallée sera comblée, Toute montagne et toute colline seront abaissées; Ce qui est tortueux sera redressé, Et les chemins raboteux seront aplanis.

Et toute chair verra le salut de Dieu.


Troisième mouvement de prière intérieure

Prenez la résolution de laisser l’Esprit travailler en vous et à travers vous.

  • Où l’Esprit vous envoie-t-il pour vous sacrifier aujourd’hui afin que les autres puissent avoir une vie plus heureuse, plus pleine, plus sainte et plus remplie d’amour ?
  • Prenez quelques minutes maintenant pour remercier Dieu pour ce temps que vous avez passé dans la prière et pour vous offrir de nouveau, autant que vous le pouvez, à l’accomplissement de la volonté de Dieu, le plan de Dieu.

Participation

Et c’est pas fini!

Je t’ai vu faire lever le jour
En chantant des chansons d’amour
Je t’ai vu monter vers le ciel
Car tu as dans la tête bien mieux que des ailes
Et je dis sans même trembler
Que j’arrive à te ressembler
Je suis toi et toi tu es moi
Et nous sommes monde nous sommes bientôt
Ce qu’il y a de plus beau dans le monde,
Dans le monde (…)

Non c’est pas fini, c’est rien qu’un début
C’est le plus grand des commencements.

Stéphane Venne, compositeur

Dans la semaine qui vient, vous êtes donc invités à:

  1. Prier: C’est-à-dire de vous engager dans une conversation avec Dieu. Jésus était en communication constante avec le Père, à un point où il pouvait dire « le Père et moi sommes un »; Et « Je suis ici pour faire la volonté de mon Père. » Et a un point tel qu’il a compris la volonté de son père par la prière. Le don de son exemple puissant nous invite dans une relation similaire et intime avec notre Père.
  2. Écouter: C’est-à-dire d’écouter dans la prière, écouter en voyant la beauté de la nature, écouter dans les paroles d’amour, de conseil, de correction et de sagesse des autres, écouter l’Écriture et écouter les expressions du rituel et de la Dernière Cène.
  3. Agir: C’est-à-dire de vivre une vie authentique- où les paroles correspondent à des actions basées sur des expressions bibliques de miséricorde et d’amour.
  4. Avoir confiance: C’est-à-dire d’agir avec foi. Croyez en votre discernement. Dans votre prière, demandez à Jésus de vous guider dans la façon dont vous percevez les appels du Créateur dans votre vie, puis prenez le risque de suivre ce chemin !

Question pour la réflexion:

Est-ce que je réponds à l’invitation de Dieu ? Et comment?


Resources supplémentaires

Textes du 2e  Dimanche de l’Avent: 

2ème dimanche de l’Avent C – 5 décembre 2021

Première lecture (Ba 5, 1-9)

Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel. Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel, car Dieu, pour toujours, te donnera ces noms : « Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ». Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l’orient : vois tes enfants rassemblés du couchant au levant par la parole du Dieu Saint ; ils se réjouissent parce que Dieu se souvient. Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis, et Dieu te les ramène, portés en triomphe, comme sur un trône royal. Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu. Sur l’ordre de Dieu, les forêts et les arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ; car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, avec sa miséricorde et sa justice. – Parole du Seigneur. 

Psaume (Ps  125 (126), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6)

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie. Alors on disait parmi les nations : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! » Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert. Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie. Il s’en va, il s’en va en pleurant, il jette la semence ; il s’en vient, il s’en vient dans la joie, il rapporte les gerbes. 

Deuxième lecture (Ph 1, 4-6.8-11)

Frères, à tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous, c’est avec joie que je le fais, à cause de votre communion avec moi, dès le premier jour jusqu’à maintenant, pour l’annonce de l’Évangile. J’en suis persuadé, celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus. Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus. Et, dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance pour discerner ce qui est important. Ainsi, serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ, comblés du fruit de la justice qui s’obtient par Jésus Christ, pour la gloire et la louange de Dieu. – Parole du Seigneur. 

Évangile (Lc 3, 1-6)

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.

 – Acclamons la Parole de Dieu. 

La Gloire de Dieu : miséricorde et justice. Commentaire : Damien Stampers 2021

La semaine dernière, le prophète Jérémie nous annonçait celui qui allait venir à Noël : Dieu notre justice. Cette semaine, le prophète Baruch précise que cette justice est miséricorde, qu’elle s’accueille dans la joie et qu’elle révèle la lumière de sa Gloire.

Et c’est bien là le sens théologique de Noël : un jour de joie car la Justice de Dieu vient se déployer dans sa Gloire.

Mais cette justice est déconcertante à plus d’un titre. Si on reprend l’évangile de Luc, au début du chapitre 3, on s’aperçoit que la justice de Dieu vient s’incarner dans le monde, dans l’histoire de l’humanité. Pourtant, cette justice ne va pas détruire ce qui va mal dans le monde : Tibère, l’empereur romain est un tyran fou et sanguinaire, mais il ne va pas rencontrer Jésus,  Justice de Dieu. Ponce Pilate et Hérode, Hanne et Caïphe vont rencontrer la Justice de Dieu mais pour l’envoyer à la mort. Quelle est cette justice qui ne détruit pas l’envahisseur et l’occupant romain, qui ne tue pas les méchants et se laisse même fouler aux pieds par eux ? Pas de vengeance sanglante, d’exécutions publiques, de destructions ou d’humiliations des méchants, des assassins, des impies. La justice de Dieu est bien loin de nos critères humains.

Et quelle est donc cette gloire, annoncée par les prophètes, ce salut proclamé d’Isaïe à Jean Baptiste ? Une étable dans la nuit, une croix sur un talus, un fils de Zacharie qui crie dans le désert, vêtu d’une peau de bête et parlant de ravin comblé, de montagne abaissée, de chemins aplanis : tout cela n’est pas très glorieux. La Gloire de Dieu, c’est la croix du Christ, c’est l’étable de Bethleem et cela ne rentre pas dans nos catégories humaines de la gloire, faite plutôt de bling-bling, de magnificence et d’extraordinaire.

Alors, comment est-il possible de se réjouir à Noël de cette venue de la Justice de Dieu dans sa gloire ?

Noël est la fête de l’intériorité et non des apparences. Noël s’adresse au cœur de l’homme et non à sa raison et à sa vision. Nous avons fait de Noël une fête pleine de la lumière des illuminations, de repas plantureux, de cadeaux couteux. Mais Noël, dans la Bible, est la fête du cœur qui s’est converti, qui se tourne vers l’accueil de Dieu au fond de son cœur. Noël est la fête de l’intériorité d’un cœur qui se laisse toucher par la miséricorde et l’amour de Dieu pour lui.

Les ravins qui doivent être comblés, ce sont les ravins de nos rejets et de nos peurs de l’autre. Les montagnes qui doivent être abaissées, ce sont celles de nos égoïsmes et de nos orgueils. Les chemins tortueux qui doivent devenir droits, ce sont ceux de nos mensonges, de nos lâchetés, de nos critiques incessantes. Les chemins rocailleux qui doivent être aplanis, ce sont ceux de nos violences, de nos haines, de nos jugements péremptoires.

Tout cela doit disparaître dans le temps de l’Avent pour pouvoir voir, dans l’enfant qui nait à Noël, la Justice et la Gloire de Dieu, son amour et sa miséricorde.

L’Avent n’est pas un temps anodin et dispensable, il est nécessaire pour préparer nos cœurs à percevoir, de l’intérieur, le mystère d’une justice qui nous dépasse et nous déconcerte, la joie d’une miséricorde qui dépasse nos timides pardons, la gloire d’un salut qui relève et n’abaisse pas, qui construit et ne détruit pas.

Les textes de ce jour nous demandent de préparer nos cœurs à l’accueil de la Justice et de la Gloire de Dieu, dans la joie et la miséricorde. Comme le dit Paul aux Philippiens, cela ne peut se faire que dans un amour mutuel et fraternel, qui seul permet de connaître et de discerner ce que sont la Justice et la Gloire de Dieu.

P. Damien Stampers.

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Bonne semaine! Denis de Villers