4e semaine de l’Avent: Vivre ensemble l’attente du Sauveur.

4e semaine de l’Avent: Vivre ensemble l’attente du Sauveur.

18 décembre 2022 Non Par Frères des Écoles chrétiennes

Réflexion centrale:

Allumez la bougie de la paix

La quatrième semaine de l’Avent, nous allumons la dernière bougie pour marquer la dernière semaine en attendant la naissance de notre Sauveur. Cette dernière bougie, la « bougie de l’ange », symbolise la paix. Cela nous rappelle le message des anges : « Paix sur terre, bonne volonté envers les hommes ».

Bienvenue à la quatrième semaine de notre retraite de l’Avent. Cette retraite en ligne est offerte dans l’espoir qu’elle vous donne l’occasion d’entrer dans un temps de prière, de réflexion et d’action pendant ce temps de l’Avent. La retraite comporte trois parties:

Présence: Vous êtes invités à entrer dans ce moment de retraite par le silence ou simplement accompagné d’une musique douce ou d’un chant choisi. Il s’agit d’un temps de préparation pour bien accueillir la parole de Dieu dans votre cœur.

Prière: Suivant la méthode d’oraison de saint Jean-Baptiste de La Salle, réfléchissez à l’Évangile du dimanche de cette semaine.

Participation: Vous êtes invités à réfléchir comment l’Esprit Saint vous appelle à rendre vivant le règne de Dieu dans votre vie, votre famille, votre communauté et le monde ? Le règne de Dieu— un règne qui reflète l’amour, la miséricorde, le pardon et la justice de Dieu.


Présence

Souvenons-nous que nous sommes en la sainte présence de Dieu.  — Et adorons-le

Chant suggéré : Taizé – Misericordias Domini


Prière

Saint Jean-Baptiste de La Salle a expliqué la méthode d’oraison à ses Frères. C’est l’évangile du dimanche qui alimentera votre prière intérieure dans les trois mouvements qui suivent:


Premier mouvement de prière intérieure

La pleine conscience de la présence de Dieu

Arrêtez-vous quelques minutes pour vous déposer calmement et vous rappeler que Dieu est présent en ce moment même, avec vous…

  1. Dans toute la création, dans tout ce qui vous entoure;
  2. Dans vous-même, vous gardant en vie;
  3. Au milieu de ceux avec qui vous priez;
  4. Dans l’Eucharistie et dans la Parole de Dieu;
  5. En vous, par la grâce de Dieu à l’œuvre dans votre vie;
  6. Dans les jeunes et les pauvres.

Deuxième mouvement de prière intérieure

Contemplez le mystère de l’amour de Dieu à l’œuvre dans le monde.

Lisez l’Évangile d’aujourd’hui (le texte suit ci-dessous) à quelques reprises lentement. Quels mots attirent particulièrement votre attention? Quels mots touchent votre cœur? Écoutez ce qui est dit; regardez ce qui se passe; essayez de prendre part au mystère; contemplez Jésus avec amour.

Réfléchissez au mystère de l’amour de Dieu à l’œuvre dans votre propre vie.

  1. Est-ce que l’Évangile d’aujourd’hui a-t-il un rapport avec votre propre vie ?
  2. Comment essayez-vous de partager le message de cet Évangile avec ceux avec qui vous vivez et travaillez ? Avec ceux qui ont été confiés à vos soins?
  3. Si vous choisissez de permettre à ce passage de l’Écriture de s’animer en vous maintenant, que devriez-vous changer dans votre vie ? Quels sont les obstacles à ce changement?

La voix de saint De La Salle

« Que Dieu poursuive ce qu’il a commencé en vous. »

(Lettre 46 – au frère Robert en 1709)


Lecture de l’Évangile de Matthieu 11, 18-24

18 Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.

19 Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.

20 Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;

21 elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

22 Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :

23 Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »

24 Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse,


Troisième mouvement de prière intérieure

Prenez la résolution de laisser l’Esprit travailler en vous et à travers vous.


Prière de conclusion

Dieu éternel et majestueux, je te loue pour ta fidélité dans l’accompagnement offert pour moi! Tu m’as mis sur un chemin et m’as comblé d’une paix trouvée seulement en Toi. Alors que je poursuis mon voyage spirituel, je prie pour que dans les moments où mon esprit est instable, quand je suis anxieux ou effrayé, quand je ne suis pas sûr de la prochaine étape de mon voyage, que je m’arrête, que je respire et que je me souvienne que la paix que tu me donne est ton cadeau au monde. J’ouvre mon cœur et mon esprit à cette paix, qu’elle inspire et anime tout ce que je fais. Amen!

Dans la semaine qui vient, vous êtes donc invités à:

  1. Prier: C’est-à-dire de vous engager dans une conversation avec Dieu. Jésus était en communication constante avec le Père, à un point où il pouvait dire « le Père et moi sommes un »; Et « Je suis ici pour faire la volonté de mon Père. » Et a un point tel qu’il a compris la volonté de son père par la prière. Le don de son exemple puissant nous invite dans une relation similaire et intime avec notre Père.
  2. Écouter: C’est-à-dire d’écouter dans la prière, écouter en voyant la beauté de la nature, écouter dans les paroles d’amour, de conseil, de correction et de sagesse des autres, écouter l’Écriture et écouter les expressions du rituel et de la Dernière Cène.
  3. Agir: C’est-à-dire de vivre une vie authentique- où les paroles correspondent à des actions basées sur des expressions bibliques de miséricorde et d’amour.
  4. Avoir confiance: C’est-à-dire d’agir avec foi. Croyez en votre discernement. Dans votre prière, demandez à Jésus de vous guider dans la façon dont vous percevez les appels du Créateur dans votre vie, puis prenez le risque de suivre ce chemin !

Question pour la réflexion:

Quels « cadeaux » de votre voyage spirituel de l’Avent apportez-vous à Noël?


Ressources supplémentaires

4ème dimanche de l’Avent A – 18 décembre 2022

Première lecture (Is 7, 10-16)

En ces jours-là, le Seigneur parla ainsi au roi Acaz : « Demande pour toi un signe de la part du Seigneur ton Dieu, au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut. » Acaz répondit : « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. » Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). De crème et de miel il se nourrira, jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. Avant que cet enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, la terre dont les deux rois te font trembler sera laissée à l’abandon. »

– Parole du Seigneur. 

Psaume (Ps 23 (24), 1-2, 3-4ab, 5-6)

Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! C’est lui qui l’a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots. Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L’homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles. Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice. Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face ! 

Deuxième lecture (Rm 1, 1-7)

Paul, serviteur du Christ Jésus, appelé à être Apôtre, mis à part pour l’Évangile de Dieu, à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome. Cet Évangile, que Dieu avait promis d’avance par ses prophètes dans les saintes Écritures, concerne son Fils qui, selon la chair, est né de la descendance de David et, selon l’Esprit de sainteté, a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur. Pour que son nom soit reconnu, nous avons reçu par lui grâce et mission d’Apôtre, afin d’amener à l’obéissance de la foi toutes les nations païennes, dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés. À vous qui êtes appelés à être saints, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

– Parole du Seigneur. 

Évangile (Mt 1, 18-24)

Commentaire du Père Damien Stampers

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse. – Acclamons la Parole de Dieu. 

Dieu, toujours avec nous.

« Paul, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu. Cet Evangile concerne son Fils, qui selon la chair est né de la descendance de David, et selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection, a été établi notre Seigneur. »

Paul, au début de sa lettre aux Romains, nous invite, par deux fois, à annoncer la Bonne Nouvelle (évangile en grec). Cette Bonne Nouvelle, nous dit-il, est celle du Fils de Dieu, né de la race de David, l’Emmanuel, Dieu avec nous. Jésus est bien signe de la présence de Dieu parmi nous. Il est signe visible et charnel de cette présence active et prévenante de Dieu pour chacun de nous en Jésus. On pourrait penser, à tort, que Dieu Emmanuel commence avec Jésus. Il y aurait un avant et un après Jésus. Avant, ce n’est pas très intéressant car Jésus n’est pas là, Dieu n’est pas vraiment avec nous. Mais après, avec l’incarnation, Dieu est vraiment là avec nous. En raisonnant ainsi nous tombons dans le piège de la chair et nous passons à côté de l’Esprit de sainteté dont parle Paul.

I/ Le livret de l’Emmanuel (Is 7-11)

L’Emmanuel, Dieu avec nous, nous vient de l’AT et plus spécialement des chapitres 9 à 11 du livre d’Isaïe, appelés par les biblistes « Le livret de l’Emmanuel ». Cet Emmanuel est déjà le signe de la présence de Dieu auprès de son peuple, quelle que soit la situation difficile où celui-ci se trouve. Il prendd’ailleursplusieursvisages :

Le premier visage de l’Emmanuel en Isaïe, c’est le visage d’un roi en Is 7. C’est le texte de notre première lecture, repris dans l’évangile. Ce roi, issu de la lignée de David, comme Joseph et Jésus, se nomme Ezéchias et il sera capable de choisir le bien et rejeter le mal, au moment des invasions de Sennachérib, roi d’Assyrie. Il est le signe de la présence de Dieu auprès de son peuple au moment de la guerre entre Juda d’un côté, et Israël et la Syrie, de l’autre.

Ezéchias, paradoxalement, est un signe offert par Dieu et non demandé. En effet, Acaz, qui pense qu’il est celui qui commande à Dieu, vient de sacrifier son fils et de le tuer pour s’attirer les faveurs de Dieu. Pourtant, le signe de Dieu ne sera pas la mort. Le signe sera la naissance d’un enfant et non la mise à mort d’un fils. Dieu est présent dans la vie de tout être vivant.

Le deuxième visage de l’Emmanuel apparaît au chapitre 8. C’est le visage d’un prophète, « fils » d’Isaïe, qui sera signe de la présence de Dieu au moment de la déportation et de l’Exil. Par sa Parole, jour après jour, Dieu se rend présent à nous depuis toujours. Comme nous le dira l’évangile de Jean, le jour de Noël, la Parole, le Verbe est bien là depuis l’origine, le commencement. La Parole n’est pas arrivée il y a 2000 ans, elle est là à la création même du monde : « Au commencement était le verbe, et le verbe était Dieu. ». La Parole, présence de Dieu, accompagne l’homme au désert, elle est présente chez les prophètes, elle s’accomplit en Jésus. Elle a toujours été là et sera toujours là, si nous prenons le temps de la lire et de l’écouter.

Le chapitre 11, nous donne à voir un troisième visage de l’Emmanuel. C’est le visage d’un Messie davidique qui libérera le peuple en esclavage à Babylone et établira un royaume de justice et de paix sur la terre promise. Dieu est le Dieu de l’espérance qui accompagne chaque homme. Le salut comme libération de l’esclavage de la mort et du péché est une réalité qui est vraie pour chaque génération. Le salut n’est pas daté, il est présent en Dieu depuis toujours. Jésus, le Seigneur sauve, se retrouve en Josué, le Jésus qui fait entrer dans la terre promise et ouvre les eaux du Jourdain. Jésus, le Seigneur sauve, se retrouve dans le nom de Josias, le roi qui nous donne le Deutéronome, la deuxième loi qui est celle de l’amour du prochain. Dieu sauveur est là présent tout au long de l’histoire sainte et il est là présent aujourd’hui parmi nous.

Roi, Prophète, Messie, voilà les visages de l’Emmanuel dans l’AT, voilà les visages de cet enfant qui va naître à Noël et qui sera Jésus Emmanuel, Dieu avec nous, Dieu sauveur. Dieu hier, aujourd’hui et demain. La présence de Dieu, Dieu avec nous, n’est pas d’un jour, mais c’est bien une présence éternelle et universelle, qui va s’incarner dans le singulier et le particulier d’un temps et d’un peuple, pour signifier qu’il est avec nous depuis toujours et pour toujours, ici comme ailleurs.

P. Damien Stampers

Bonne semaine! Denis de Villers